08/11/2009

Article pour compléter l'information du coordinateur de la cellule Influenza (commissariat interministériel). -- Dr MSFV

Tout va très bien madame la marquise.... car on attend de pieds femes les évènements pour prendre des décisions, tout va très bien, tout va très bien, madame la marquise, si ce n'est que votre écurie à brulé, mais tout va très bien car nous venons d'appeler les pompiers...tout va très bien.... nous avons fait de notre mieux ... alors ne vous inquiéter pas madame la marquise . (sur l'air d'une vieille chanson française)

Grippe porcine : "La Belgique a suffisamment de médicaments antiviraux"

En Belgique, les autorités relativisent. Daniel Reynders, coordinateur de la cellule Influenza (commissariat interministériel) se veut rassurant: « Les stocks de médicaments antiviraux dont dispose la Belgique sont suffisamment importants pour couvrir une pandémie comme celle vécue en 1918, la fameuse grippe espagnole. Une situation que l’on n’est pas en mesure de revivre pour l’instant...

 

Réponse : La gestion d'une pandémie contient deux volets :

1) Le volet santé publique : celui-ci concerne la stratégie et sa mise en pratique utilisées, pour lutter au mieux contre la maladie grippale affectant l'ensemble d'une population, et ne consiste pas seulement à se contenter de la délivrance des médicaments antiviraux  (et de masques) par les intervenants.

Exemple d'ébauche de plan non adopté par la Belgique :

Réalités et principes à respecter pour un plan de santé publique (cliquez sur ce titre)

Pour que le plan préconisé par la santé publique soit efficace, il faut que la population soit informée afin de devenir participative, et ainsi éviter la panique.

Exemple de proposition d'éducation de la population à une pandémie :

Comment éduquer la population à une pandémie (cliquez sur ce titre)

Pour que cette armée d'intervenants au niveau de la pandémie puisse être efficace, il faut concevoir des lignes prioritaires de la communication entre les différents acteurs intervenant dans la gestion du volet médical de la pandémie,  ce qui n'est pas encore le cas actuellement. La gestion prioritaire des communications doit également se faire prioritairement au niveau  d'autres entités  (les différents membres intervenants belges), c'est à dire  tant au niveau national qu'international. (ONU,CEE,OMS, ....).Egalement ce problème se pose au niveau de l'information de la population via par exemple la radio ou la télévision.

Exemple sommaire  illustrant le problème des télécommunications :

Problème de télécommunication en temps de pandémie (cliquez sur ce titre).  

2) Le volet socio-économique

En cas de pandémie aggravée par un virus plus virulent (the worst case),  30 à 40 % des salariés seraient absents. Comment nourrir, transporter, habiller, chauffer, alimenter en billets de banque la population ? Y aura-t-il un service minimum pour les transports publics ? Quels secteurs de la production industrielle seront considérés prioritaires ? Comment assureront-ils la continuité de travail ? Et qui maintiendra l’ordre publique ?

En "théorie" ces genres de problèmes rencontrés dans des pays techniquement développés et très dépendants des services assurant la bonne marche d'un pays,  est assuré par des réunions interministérielles, dans lesquelles ont retrouve des délégués de chaque ministère, coordonnés par le délégué interministériel, à savoir en Belgique le Pr Marc Van Ranst (Président du Commissariat Interministériel Influenza).

Il me semble difficile d'imaginer en cette période électorale,  la disponibilité des différents ministères et compétences communautaire, régionale et fédérale, oeuvrant pour cette tâche immense . D'aucuns me diront que la grippe A(H1N1), actuelle est bénigne, même (si un jour elle devrait être déclarée) à l'état de niveau 6 de l'OMS. Nous sommes actuellement au niveau 5.

Et il est vrai qu'actuellement cette épidémie de grippe mondiale ne présente pas un caractère de gravité tel, qu'elle handicaperait le bon fonctionnement d'un pays ou le contrôle de la situation sanitaire.

Ainsi, actuellement, les services à la population ne sont pas affectés par une morbidité ou mortalité accrue des personnes actives, intervenant dans tous les secteurs évoqués au début de cette rubrique.

Néanmoins, certaines personnes, telles Madame Chan (directrice de l'OMS), le Pr Fukuda (No 2 dans l'expertise de l'OMS), le Dr David Nabarro (délégué au Nations-Unies pour la gestion de pandémie de grippe et pour la gestion des problèmes alimentaires), ainsi que d'éminentes personnalités du monde scientifique craignent une seconde vague pandémique à morbidité et mortalité accrue, pour l'automne ou l'hiver 2009.

Une possible recombinaison génétique avec les virus saisonniers de l'hémisphère sud se rapprochant de la  période hivernale serait néfaste.  De plus, la recombinaison génétique n'est pas exclue entre le A(H1N1) à caractère pandémique et le H5N1 en train de se réactiver dans certains coins de l'Asie du Sud-Est. Cette possibilité serait catastrophique pour le monde. Espérons que cette possibilité n'arrive pas. "We cross the fingers".

3) Conclusion : prévenir dans le plus mauvais cas de figure de pandémie, tant du point de vue de la  santé publique que des conséquences socio-économiques., permettrait de vivre ces temps difficile de pandémie d'une façon appropriée. 

Cela nécessite des gens compétents et motivés par le bien-être d'autrui, y compris l'aide aux pays les plus pauvres.

 

Addenda/


L'implantation de préparatifs pandémiques sociaux repose sur la capacité d'innovation des structures de gouvernance Mercredi, 4 mars 2009 | Par Lyro | Zonegrippeaviaire  (Clicquez sur le lien)

Des commentaires allant dans ce sens, de Michel S.f. Vermeulen, qui a été très franc dans sa réponse à un article intitulé «À propos de la grippe aviaire» publié par Thierry Saussez, délégué interministériel à la Communication et directeur du Service d’information du gouvernement de la République française. Concernant le Guide pratique de la vie quotidienne en pandémie, il a indiqué: «Une magnifique initiative d'information de la population, permettant d'éviter la panique, rendant inopérante toute planification. (…) La population sera rendue active et solidaire, en n'étant pas un spectateur passif et victime d'une calamité, mais un acteur conscient de son rôle participatif avec les intervenants professionnels.»

S’il ne s’agit pas d’une erreur (l’emploi du mot «inopérante»), alors j’interprète les commentaires du médecin et blogueur belge MichelVermeulen comme allant dans le sens de ceux du sociologue français Michel Setbon.

Alors que Michel Setbon parle «d’acteur imprévisible», Michel Vermeulen envisage plutôt un «acteur conscient de son rôle participatif.»

Je pense que Michel Vermeulen vient de mettre le doigt sur l’élément clé d’une stratégie de préparatifs pandémiques sociaux (qui aurait des chances de conduire à la mitigation de sociétés). Mais ce sentier - non battu - sera-t-il emprunté par des instances gouvernementales?

La conjoncture mondiale actuelle m’apparaît comme un terrain mûr pour qu’aient lieu des préparatifs pandémiques (dans certaines nations qui oseront les développer).

Nous avons pu observer de timides tentatives de rapprochement de hauts gestionnaires gouvernementaux avec des membres de la communauté de pratique flublogienne. Au cours du mois de février 2009, Craig Vanderwagen (États-Unis) et Thierry Saussez (France), ont publié des éléments de réflexion et d'information sur Facebook. Il y a par ailleurs eu beaucoup de travail effectué ces dernières semaines par les agences américaines pour diffuser en simultané de l'information sur les préparatifs d'urgence (pas uniquement de pandémie) via des outils de réseautage social.

Mais, entendons-nous. Nous sommes encore TRÈS LOIN du but.

Les hauts gestionnaires vont devoir transformer radicalement leur approche, s’ils souhaitent atteindre un état de préparation social significatif, c'est-à-dire le 60-70% mentionné par David Nabarro.

Dr MSFV

23:45 Écrit par Dr MSFV | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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